INTERVIEW DE NATALIE POUR TOTAL STARS “V FOR VENDETTA”

De quoi parle V for Vendetta ?
L’histoire se passe sous un régime qui oppresse son peuple, à tel point que ce dernier pourrait bien se rebeller. C’est d’ailleurs une bonne chose que chacun puisse donner son opinion. D’après moi, le message du film est justement que le gouvernement devrait craindre le peuple et pas le contraire. Dans V for vendetta, on ne peut pas dire qu’il y a d’un côté un gentil héros et de l’autre, un méchant vraiment méchant. Rien n’est blanc ou noir. Au contraire, il existe de nombreuses nuances de gris.

Tu ne considères donc pas V comme un véritable héros ?
Il est héroïque à plus d’un titre, mais il agit surtout par vengeance personnelle. Il n’est pas le genre de gars qu’on a envie de suivre aveuglément juste parce qu’il nous le demande. Mais c’est justement ça qui rend le personnage si intéressant : son ambiguïté. Comme je l’ai déjà dit, personne n’est totalement innocent ou vraiment mauvais, comme on peut le voir dans beaucoup d’autres films.

Qu’est-ce qui t’a décidée à participer à ce projet ?
J’ai adoré le scénario, j’ai lu ensuite la bande dessinée qui a fini de me convaincre – si besoin était – de la qualité de l’histoire. V for Vendetta nous fait réfléchir sur les implications de la violence et sur la façon de nous la présenter. Il existe tellement de manières différentes pour elle de s’exprimer que nous pouvons la placer dans diverses catégories, même si aucune à mon avis n’est une bonne chose. Après avoir découvert l’histoire de V for Vendetta, j’ai vraiment dû revoir ma façon de réfléchir à la violence. Mais attention, ce n’est pas un film déprimant. Il y a aussi, et heureusement, des morceaux de lumière et de comédie.

Penses-tu que le film soit fidèle à la bande dessinée ?
Je suis convaincue que l’adaptation cinématographique garde l’essence de l’œuvre originale. D’ailleurs beaucoup de dialogues originaux sont utilisés dans le film. La véritable difficulté fut de condenser les trois parties de l’histoire racontées dans la bande dessinée en une seule. Dans les BD, c’est toujours sympa d’avoir différentes histoires à suivre en même temps et pas si compliqué à comprendre. Mais dans un seul film, c’est impossible … à moins de faire une trilogie, par exemple.

Peux-tu nous parler d’Evey, ton personnage ?
Evey est différente du personnage de l’œuvre originale et en même temps identique. Par exemple, dans la bande dessinée, elle n’a que 16 ans, alors que j’en ai 22. Evey commence l’aventure comme un personnage passif. Bien qu’elle condamne les agissements du gouvernement, elle ne fait rien pour ne changer quoi que ce soit. Elle râle dans son coin, mais continue sa vie comme si de rien n’était. Ensuite tout se chamboule si vite qu’elle doit changer radicalement sa façon de voir les choses. Elle se prend alors vraiment en charge. J’adore le fait qu’elle se transforme au cours de l’histoire, mais ce n’est pas étonnant après toutes les épreuves qu’elle doit traverser.
Ça n’a pas été trop difficile de te raser le crâne ?
Ça faisait partie de mon rôle, donc je savais ce qui m’attendait. Et comme je songeais à le faire depuis un moment déjà, j’ai trouvé là, une excellente opportunité ! Donc, non, ce ne fut pas une énorme épreuve à surmonter. De plus, cela me faisait vraiment gagner un temps précieux puisque je n’ai plus à passer des heures à m’occuper des soins de mes cheveux. C’est pourquoi je conseille à toutes les femmes de se préoccuper moins de leur apparence et davantage de choses réellement importantes.