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Interview de Natalie Portman pour le magazine « Ciné Live » Par Didier Allouch.
Suite au film « Entre adulte consentants » (Closer)
En acceptant ce rôle de strip-teaseuse amoureuse, y a-t-il un désir de votre part d’affirmer votre passage à l’âge adulte ? Le fait que l’on continue encore de me catégoriser en adulte-enfant commence à m’énerver. En fait, je crois qu’il serait plus juste de parler de femme-enfant quand on parle du personnage d’Alice. Quand Mike Nichols me choisit, je sais qu’il va jouer sur cette ambiguïté. Il s’en sert aussi pour brouiller encore plus les cartes. Bien entendu, les thèmes abordés dans ce film sont très adultes, mais Alice se situe encore entre deux mondes.
L’ambiguïté, vous devez la vivre aussi. Vous êtes actrice depuis longtemps alors que vous n’avez que 24 ans. Vous êtes-vous posée la question de continuer ou pas ce métier ? Oui et non. Si je suis encore actrice aujourd’hui, c’est évidemment par choix, mais j’ai toujours aimé jouer devant un public. Ça n’a jamais changé. En fait, j’ai déménagé énormément dans mon enfance. Du coup, pour faire plus vite partie d’un groupe, je me suis mise à jouer les personnages qui plaisaient le plus à mes nouveaux camarades. Je suis devenue plutôt bonne à ça. Enfin, je crois. A partir de là, je ne me suis plus jamais vraiment posé la question. Maintenant, ce métier est en moi.
Comment avez-vous créé le personnage d’Alice ? Le texte était tellement bien écrit … Croyez-moi, c’est rare. Je n’avais plus qu’à remplir quelques blancs dans son caractère. Je l’ai fait sans trop de mal, comme le font beaucoup d’acteurs, en empruntant des morceaux de vie aux gens qui m’entourent. J’ai lu aussi beaucoup de livres avec des personnages lui ressemblant. Je suis allée dans des clubs de strip-tease où j’ai parlé avec des femmes qui y travaillaient. Tout ça m’aide à créer le puzzle qu’est Alice.
Le côté strip-tease, très provocateur du personnage, notamment lors de la scène de « lap dance » avec Clive Owen, vous a-t-il hésiter à accepter le rôle ? Jamais. En fait, je connais Mike Nichols depuis longtemps, j’ai travaillé avec lui sur « La Mouette » de Tchekhov qu’il avait monté à Central Park, donc je me sentais à l’aise sous sa direction. Il a toute ma confiance. Je crois qu’à part mes parents, il est la personne que j’admire et respecte le plus au monde. Du coup, je me sentais en totale sécurité avec lui. Quant à la scène à laquelle vous faites référence, et vous n’êtes pas le seul, la classe de Clive, son côté gentleman et son incroyable capacité à rentrer dans les scènes qu’il joue et à devenir le personnage, tout cela m’a permis de me sentir à l’aise et d’oublier tous les techniciens et l’équipe autour de nous. C’est une scène clé de l’histoire, un des moments les plus importants et les mieux écrits du scénario. Il était important pour moi de m’y donner à 100 %.
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